Le Japon

Lafcadio Hearn

Language: French

Description:

Lafcadio Hearn a écrit Le Japon en 1903, et il en corrigea les épreuves l’année même de sa mort, qui survint à Tokyo, le 26 septembre 1904. Il en avait composé les vingt principaux chapitres pour répondre à l’offre qui lui avait été faite d’une série de conférences à l’Université de Cornell, aux États-Unis. Cette offre fut du reste retirée, à la suite de difficultés intérieures qui se produisirent dans cette université.

Lafcadio Hearn a condensé, dans ces pages, toute l’expérience qu’il avait acquise en quatorze années d’une existence, pour ainsi dire, purement japonaise. Il y a tenté, selon sa propre expression, une « Interprétation » de l’histoire de la civilisation, des mœurs et du caractère japonais. Il y a expliqué la formation de la société ancienne, la révolution moderne du Meiji, et il y met en lumière ce qu’il croit être l’esprit véritable de la nation. Il y prévoit même, avec une étonnante perspicacité, un avenir qui s’est réalisé depuis, sous nos yeux. Le sujet, la méthode et les conclusions de cette pittoresque et pénétrante synthèse présentent de singulières analogies avec la Cité Antique de Fustel de Coulanges que, du reste, Lafcadio Hearn cite fréquemment. Ce livre pourrait s’intituler la Cité Extrême-Orientale.

Biographie de l'auteur

Né en 1850 en Grèce, d'un chirurgien de la marine anglaise et d'une Grecque ; abandonné très tôt par son père puis par sa mère, élevé au Pays de Galles par une vieille tante, éborgné dès l'adolescence par un accident qui le coupa un peu plus des autres, Lafcadio Hearn est le déraciné type. Rejeté par sa famille anglaise, à 16 ans, il sera livré à lui-même et à la misère de bonne heure. Émigré aux Etats-Unis à vingt et un ans, il y connaît, malgré divers emplois dans le journalisme, une existence misérable. En quête d'un idéal inaccessible, et cherchant désespérant à s'identifier à une culture, il croit y parvenir lors d'un séjour de sept années à la Nouvelle Orléans, suivi d'une tentative d'établissement à la Martinique. Le hasard d'un reportage au Japon lui fait découvrir dans ce pays le havre de grâce qu'il n'espérait plus. Converti au bouddhisme, époux d'une japonaise qui lui donna plusieurs enfants, il connut un bref mais intense apaisement. Harmonie dont le grand connaisseur avait deviné le sens en recueillant ces contes. C'est leur message d'espoir qu'il cherche ainsi à communiquer, sans rancune, à ces hommes d'Occident qui n'avaient pas su le reconnaître pour un de leurs.