Jeune français de 18 ans, Joseph Isler a été enrôlé de force dans la Wehrmacht pendant deux ans. Grâce à l'aide de sa fille Simone, il livre son témoignage sur l'une des pages les plus sombres de l'histoire.
" Il y eut un long silence collectif et des non-dits qui tuent. Nous avons été si peu protégés par le gouvernement français et considérés comme des traîtres par notre propre pays. Considérés comme nazis, nous avons été déportés dans les camps russes. Et, à la Libération, nous avons subi la suspicion des Américains que nous considérions comme nos libérateurs ! Durant notre enrôlement de force, nous avons été tenus à l’écart de toute information sur l’évolution du conflit. Bref, nous avons vécu un dédoublement permanent de notre être profond, obligés de donner une façade de soumission en nous battant à l’intérieur contre cette guerre que nous refusions ! Beaucoup d’entre nous refusèrent de tuer parfois au prix de la vie ! Les plus forts ont résisté, les plus faibles se sont effondrés sous le poids de la culpabilité qui n’était pas la nôtre mais celle qu’on nous imposait. Nous avons tous vécu une violence morale inouïe."
Description:
Jeune français de 18 ans, Joseph Isler a été enrôlé de force dans la Wehrmacht pendant deux ans. Grâce à l'aide de sa fille Simone, il livre son témoignage sur l'une des pages les plus sombres de l'histoire.
" Il y eut un long silence collectif et des non-dits qui tuent. Nous avons été si peu protégés par le gouvernement français et considérés comme des traîtres par notre propre pays. Considérés comme nazis, nous avons été déportés dans les camps russes. Et, à la Libération, nous avons subi la suspicion des Américains que nous considérions comme nos libérateurs ! Durant notre enrôlement de force, nous avons été tenus à l’écart de toute information sur l’évolution du conflit. Bref, nous avons vécu un dédoublement permanent de notre être profond, obligés de donner une façade de soumission en nous battant à l’intérieur contre cette guerre que nous refusions ! Beaucoup d’entre nous refusèrent de tuer parfois au prix de la vie ! Les plus forts ont résisté, les plus faibles se sont effondrés sous le poids de la culpabilité qui n’était pas la nôtre mais celle qu’on nous imposait. Nous avons tous vécu une violence morale inouïe."