Dans ses mémoires parus récemment chez Gallimard, Claude Lanzmann
raconte comment il a bourlingué de combats en combats et de femmes en
femmes, esquivant au cours de ses pérégrinations quelques horions, coups
de matraques et heures de garde-à-vue. Un livre passionnant qui nous
plonge au cœur de ses films.
Un mémorialiste dans le cercle de grands intellectuels
Un large bandeau rouge quelque peu racoleur attire l’attention sur cet
épais livre beige de la prestigieuse collection « Blanche » : Les
mémoires de Claude Lanzmann.
Car on s’attend à beaucoup. La vie du personnage intrigue : résistant,
juif athée, étudiant en philosophie, militant communiste condamné à mort
par le PCF en 1944 pour avoir refusé de livrer les armes de son groupe
au parti, homme d’action engagé dans la plupart des combats idéologiques
du XXe siècle, amant de Simone de Beauvoir. Lanzmann
écrivit des reportages qui eurent un écho retentissant à leur époque
pour Elle, L’Express ou Le Monde, avant de finir par diriger lui-même la
célèbre revue des Temps modernes, longtemps pilotée par Sartre et dont Lanzmann
s’occupe depuis la mort du « Castor », en 1986. Reporter, cinéaste
mondialement célèbre depuis son incontournable Shoah, le voilà désormais
mémorialiste… Lanzmann
a longtemps gravité dans le cercle intime de penseurs qui marquèrent le
XXe siècle : Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir ou encore Gilles
Deleuze. Il fut le compagnon de route de ces intellectuel(le)s engagés
dans des combats que déclanchaient de furieux acronymes : FLN, OAS, IVG,
et qui se réglaient alors à coups de poings et de chaises brisées.
Sorti relativement tôt du giron communiste, Lanzmann
a dû faire face à des réalités totalitaires — du stalinisme
nord-coréen, par exemple — qui finissaient par gêner le credo
marxiste-léniniste de la gauche française de jadis. À propos de la Corée
du Nord qu’il visite en 1958, l’auteur a d’ailleurs des mots très durs :
« Le pays tout entier est corseté dans une mobilisation forcenée,
véritable forcerie sans laquelle tout s’effondrerait ». Il est
enthousiasmé, en revanche, par la visite qu’il effectue deux ans plus
tard à Cuba : « Il était impossible alors de ne pas aimer Cuba »,
écrit-il encore, admiratif à l’époque, des barbudos et de Castro.
Description:
Un mémorialiste dans le cercle de grands intellectuels
Un large bandeau rouge quelque peu racoleur attire l’attention sur cet épais livre beige de la prestigieuse collection « Blanche » : Les mémoires de Claude Lanzmann. Car on s’attend à beaucoup. La vie du personnage intrigue : résistant, juif athée, étudiant en philosophie, militant communiste condamné à mort par le PCF en 1944 pour avoir refusé de livrer les armes de son groupe au parti, homme d’action engagé dans la plupart des combats idéologiques du XXe siècle, amant de Simone de Beauvoir. Lanzmann écrivit des reportages qui eurent un écho retentissant à leur époque pour Elle, L’Express ou Le Monde, avant de finir par diriger lui-même la célèbre revue des Temps modernes, longtemps pilotée par Sartre et dont Lanzmann s’occupe depuis la mort du « Castor », en 1986. Reporter, cinéaste mondialement célèbre depuis son incontournable Shoah, le voilà désormais mémorialiste…
Lanzmann a longtemps gravité dans le cercle intime de penseurs qui marquèrent le XXe siècle : Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir ou encore Gilles Deleuze. Il fut le compagnon de route de ces intellectuel(le)s engagés dans des combats que déclanchaient de furieux acronymes : FLN, OAS, IVG, et qui se réglaient alors à coups de poings et de chaises brisées. Sorti relativement tôt du giron communiste, Lanzmann a dû faire face à des réalités totalitaires — du stalinisme nord-coréen, par exemple — qui finissaient par gêner le credo marxiste-léniniste de la gauche française de jadis. À propos de la Corée du Nord qu’il visite en 1958, l’auteur a d’ailleurs des mots très durs : « Le pays tout entier est corseté dans une mobilisation forcenée, véritable forcerie sans laquelle tout s’effondrerait ». Il est enthousiasmé, en revanche, par la visite qu’il effectue deux ans plus tard à Cuba : « Il était impossible alors de ne pas aimer Cuba », écrit-il encore, admiratif à l’époque, des barbudos et de Castro.