L'homme qui arrêta d'écrire

Marc-Edouard Nabe

Language: French

Publisher: Auto-édité

Published: Feb 14, 2009

Description:

Lettre ouverte à Marc Edouard Nabe,

C'est un exercice périlleux que d'aborder un roman, plus pour son auteur et la réputation qui le précède que pour l'oeuvre elle-même.

Malheureusement, je ne pense pas avoir trouvé le recul nécessaire pour ne juger que votre livre.

Et c'est malheureux en effet, parce que objectivement vous êtes un extraordinaire écrivain, au style unique alliant une érudition certaines à une simplicité jamais simpliste.

Je ne m'attarderai pas sur l'auto analyse quasi systématique et donc d'autant plus grotesque que vous faites de votre propre oeuvre, vous comparant à Céline. Préférant considérer que c'est une façon supplémentaire d'attirer l'attention, presque trop humoristique pour être prise au sérieux.

L'homme qui arrêta d'écrire est une diatribe haletante, puisque sans respiration permise, dans laquelle vous avez su brillamment mettre à nu les chairs d'un monde qui s'invente complexe, qui surestime sa propre réalité, pour mieux ensuite en démanteler les fondations.

Seulement voilà, on termine les six jours d'errance de votre héros dans un Paris miroir du monde, avec un sentiment de lassitude : la polémique à outrance ennuie, surtout qu'elle ne semble cette fois, n'avoir d'autre justification que celle d'un ego malmené.

Il est vraiment regrettable finalement qu'on en soit réduit à ne parler que de vous et non de vos productions, car en définitive vous êtes un polémiste relativement commun. Ainsi, chacun de vos romans se voit accompagné de son traditionnel coup d'éclat, on se souviendra de Au régal des vermines et de la colère de Georges Marc Bénamou, de Une lueur d'espoir dans lequel deux mois après les attentats du 11 septembre, vous expliquiez toute la poésie qui se dégageait de l'effondrement des deux tours. Cette fois c'est le monde de l'édition que vous voudriez tremblant ?!

Il en ressort Monsieur Nabe une impression de déjà-vu un brin redondante, que parachève l'incohérence globale des considérations d'un sophiste polémique qui donnerait ses coups d'épée en aveugle.

Il est toujours navrant de constater qu'un tel talent puisse être ruiné par une réflexion aussi chétive.

Peut-être tout simplement n'avez vous compris de Céline et de Rebatet que ce qu'il ne fallait pas en comprendre ?

 

Lettre ouverte à madame du B

Madame, Vous me faites penser à ces journalistes "d'investigation" qui vont dans des pays lointains "pour voir par leurs propres yeux", tout en ayant déjà le schéma et l'idée de leur prochain article. Le résultat: ils ne voient que des choses qu'ils ont décidé de voir....Aveuglés par leurs propres démons, ils projettent leur vision du monde sur la réalité, et le fond des choses leur échappe. Il est clair que ce livre n'est pas accessible à ceux qui ont des idées toutes faites sur l'auteur et son oeuvre, vous en êtes la preuve flagrante: vous nous parlez de votre vision de l'auteur, de sa réputation, de ce que vous avez compris(ou plutôt pas compris) de la polémique comme vous dites autours des thèmes d'actualité etc, de tout sauf de la littérature. Le plus comique dans l'histoire, c'est que vous reprochez à Nabe de parler que de lui, alors que dans ce livre c'est tout le contraire justement, la personne de Nabe est effacée, laissant la place aux nombreux personnages. De plus, ce livre est fait comme l'image d'Epinal, il a plusieurs couches de lecture: sous la simplicité et accessibilité apparentes se cachent des trésors incroyables, un lecteur avisé comprendra de quoi je parle! Vous n'avez vu que la partie visible de l'iceberg et vous vous êtes sentie obligée d'en émettre votre petit avis,comme tant de gens le font! C'est vraiment pathétique..... A l'avenir, je vous conseille d'éviter de lire des oeuvres de grande littérature, voyez plutôt du coté de Beigbeder ou Dantec, ça vous conviendra mieux, avec eux au moins vous n'aurez pas besoin de creusez la cervelle. Ce livre fait certainement partie des grandes oeuvres de notre époque, l'avenir nous le dira. Vous verrez.