Le bal des vipères

Horacio Castellanos-Moya

Language: French

Publisher: Les Allusifs

Published: Sep 15, 2014

Description:

Virée braque et violente dans une ville latino.

On aime passionnément

Un type qui se balade dans une vieille Chevrolet jaune en compagnie de qua-tre copines super mignonnes : cela s’annonce comme une road story gentillette, amourettes et délices. Mettez Horacio Castellanos Moya au volant, cela devient un petit chef-d’œuvre de cruauté et de drôlerie. Le style Moya, c’est l’énergie. Une verve débridée, des situations loufoques, des personnages brindezingues, et en voiture ! Entre la fable politico-philosophique et le polar surréaliste, Le Bal des vipères est un ovni hallucinant. Voyez. Quelque part dans une méga ville latino-américaine, un jeune type passe ses journées à rien, sinon à regarder la télé. Il a fait sociologie, quoi de plus inutile ? Un jour, comme ça, il tranche la gorge d’un clochard qui loge dans la fameuse auto jaune. Il prend sa place, chan­ge de vie (ce n’est pas pire qu’avant). Il est heureux. Mais il ne connaît pas encore son bonheur. Si les premières pages ont des allures de polar, rapidement Moya bascule dans le fantastique : l’auto jaune est aussi habitée par quatre créatures d’une sensualité torride. Des vipères. Ils deviennent copains (et même plus, puisque affinités), et c’est parti pour une histoire qui va mettre la ville à feu et à sang. Règlements de comptes, meurtres en pagaille : ses copines ont le venin efficace et piquent à tout-va les mollets dans les rues, les centres commerciaux, les stations d’essence, qui à leur tour prennent feu, explosent… Police, presse et gouvernement se tirent dans les pattes, battent en retraite. Moya imagine des scènes hollywoodiennes. Ça crépite de partout dans un feu d’artifice joyeux… et orgiaque. C’est l’Apocalypse, le chaos, la déshumanisation totale – c’est l’Amérique latine. Le Bal des vipères, cinquième livre traduit en français de Horacio Castellanos Moya (après Le Dégoût, Déraison...), est un coup de poing tout aussi poétique que politique. L’auteur a un CV digne… d’un roman : né en 1957 au Salvador, il a grandi au Honduras, a vécu au Mexique, au Guatemala. C’est dire s’il a croisé pas mal de guerres, de carnages. Journaliste et écrivain qui ne sait pas mâcher ses mots, il a reçu des menaces de mort. Il réside aujourd’hui aux Etats-Unis, dans une de ces « villes refuges » créées par Russell Banks. Moya, impitoyable, raconte des histoires folles qui ressemblent étrangement à l’Histoire. Le plus dingue, c’est que l’on se réjouit de les lire…

Le 25/08/2007 - Mise à  jour le 18/09/2013 à  16h44
 - Telerama n° 3006


En savoir plus sur http://www.telerama.fr/livres/le-bal-des-viperes-d-horacio-castellanos-moya,16445.php#oszrEyHYvXV0ZqOY.99
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2007
En Amérique latine, Eduardo Sosa, un jeune homme au chomage décide de suivre un mendiant, Jacinto Bustillo qui vit dans une vieille chevrolet jaune, stationnée au pied d'un immeuble. Je n'en dirai pas plus car le plaisir de lire ce livre vient aussi de la surprise.

Dans les rues d'une capitale latino-américaine, Eduardo Sosa, un jeune homme désœuvré, décide de suivre l'intrigant Jacinto Bustillo, qui vit dans une voiture stationnée au pied d'un immeuble. Quelques heures et autant de gorgées d'alcool plus tard, l'étudiant chômeur tue le clochard pour se glisser à la fois dans sa Chevrolet - jaune criard - et dans la personnalité de Jacinto, ou du moins celle qu'il imagine. Là, c'est la divine surprise : Loti, Beti, Valentina et Carmela, de somptueuses créatures toutes d'écailles vêtues, l'adoptent. Ensemble, ils s'en vont pied au plancher régler quelques problèmes conjugaux du trépassé. Et tant pis si leur virée contraint à la fuite le gouvernement et met la moitié de la ville à feu et à sang.