Le livre Au début des années 80, trois siècles après
l’accostage des premiers découvreurs blancs sur les rivages d’Océanie, un peuple
du Pacifique - le dernier ? - résistait encore. Brandissant le bouclier de la
coutume, il réclamait de vivre selon ses mythes et ses croyances. Quand partout
ailleurs, dans la multitude des archipels s’installaient de jeunes États
indépendants, aux structures calquées sur celles de l’Occident, l’île de Tanna
faisait figure d’exception. Et d’exception scandaleuse. La République du Vanuatu
dut bientôt envoyer la troupe. Cette intégration forcée et violente dans la
modernité, ce drame local, ignoré du reste du monde, constituait le dernier
épisode d’une extraordinaire histoire jalonnée de luttes, de tragédies et
traversée d’immenses questions. Soumis, au siècle dernier à la violence des
aventuriers - trafiquants de santal ou d’esclaves - puis au prosélytisme musclé
des missionnaires d’alors, sommés d’abandonner leur culture, les païens de Tanna
avaient pris l’initiative d’une véritable contre-enquête philosophique. L’un des
leurs, embarqué incognito sur un vapeur de commerce au début de ce siècle, était
parti, plusieurs années durant, vers ce “monde des Blancs” proposé en modèle. A
son retour, l’homme de Tanna conseilla aux siens de résister : “Les Blancs
expliqua-t-il ne croient pas eux-mêmes à ce que disent lés
missionnaires...” C’est ainsi qu’une grande partie de l’île entra en
dissidence culturelle et s’y maintint jusqu’à nos jours. Cette prodigieuse
aventure des païens de Tanna, racontée dans ce livre pour la première fois,
illustre, on l’aura compris, ce qui est advenu dans le monde entier durant ces
deux derniers siècles : le choc des cultures et l’irrésistible occidentalisation
des sociétés traditionnelles.
Description:
Au début des années 80, trois siècles après l’accostage des premiers découvreurs blancs sur les rivages d’Océanie, un peuple du Pacifique - le dernier ? - résistait encore. Brandissant le bouclier de la coutume, il réclamait de vivre selon ses mythes et ses croyances. Quand partout ailleurs, dans la multitude des archipels s’installaient de jeunes États indépendants, aux structures calquées sur celles de l’Occident, l’île de Tanna faisait figure d’exception. Et d’exception scandaleuse. La République du Vanuatu dut bientôt envoyer la troupe. Cette intégration forcée et violente dans la modernité, ce drame local, ignoré du reste du monde, constituait le dernier épisode d’une extraordinaire histoire jalonnée de luttes, de tragédies et traversée d’immenses questions.
Soumis, au siècle dernier à la violence des aventuriers - trafiquants de santal ou d’esclaves - puis au prosélytisme musclé des missionnaires d’alors, sommés d’abandonner leur culture, les païens de Tanna avaient pris l’initiative d’une véritable contre-enquête philosophique. L’un des leurs, embarqué incognito sur un vapeur de commerce au début de ce siècle, était parti, plusieurs années durant, vers ce “monde des Blancs” proposé en modèle. A son retour, l’homme de Tanna conseilla aux siens de résister : “Les Blancs expliqua-t-il ne croient pas eux-mêmes à ce que disent lés missionnaires...”
C’est ainsi qu’une grande partie de l’île entra en dissidence culturelle et s’y maintint jusqu’à nos jours. Cette prodigieuse aventure des païens de Tanna, racontée dans ce livre pour la première fois, illustre, on l’aura compris, ce qui est advenu dans le monde entier durant ces deux derniers siècles : le choc des cultures et l’irrésistible occidentalisation des sociétés traditionnelles.