Vieille Sicile

Luigi Pirandello

Language: French

Publisher: Bibebook

Published: Jun 8, 2015

Description:

Luigi Pirandello est un écrivain italien, poète, nouvelliste, romancier et dramaturge, né le 28 juin 1867 à Agrigente en Sicile, durant une épidémie de choléra, et mort à Rome le 10 décembre 1936. Son œuvre a été récompensée du Prix Nobel de littérature en 1934. Extrait : Il y a cent mille façons de perdre la foi. En général, celui qui la perd est convaincu, pendant quelque temps tout au moins, qu'il a gagné quelque chose au change, ne fût-ce que la liberté de dire ou de faire certaines choses qui, jusque-là, ne lui paraissaient pas compatibles avec la religion. Mais quand on n'est pas détourné de sa croyance par la violence des appétits terrestres, mais parce que le calice de l'autel et la fontaine d'eau bénite ne suffisent plus à désaltérer votre âme, ni à l'apaiser, on se persuade moins facilement qu'on a gagné quelque chose au change. C'est tout au plus si, pour ne pas regretter ce qu'on a perdu, on réussit à se persuader qu'en définitive on a renoncé à une chose sans aucune valeur. Tommasino Unzio, en perdant la foi, avait tout perdu, y compris le seul état que son père pouvait lui donner grâce au legs conditionnel d'un vieil oncle ecclésiastique. Son père n'avait pas manqué de le recevoir à coups de poings, à coups de pieds ; il l'avait laissé plusieurs jours au pain et à l'eau, avec accompagnement de reproches et d'injures de tout calibre.

Biographie de l'auteur

Né le 28 juin 1867 au lieu-dit Le Chaos, près d'Agrigente, en Sicile, Luigi Pirandello obtient de son père, administrateur de soufrières, de faire des études de lettres qui le mènent de Palerme à Rome et de Rome à Bonn. Revenu en Italie, il se mêle aux milieux littéraires de la capitale, écrit des nouvelles, des romans et connaît son premier grand succès avec Feu Mathias Pascal (1904). C'est le théâtre, cependant, qui lui apporte une célébrité d'abord nationale, puis internationale, dans les premières années de l'après-guerre. Pirandello ne cesse de composer dès lors des pièces et des oeuvres en prose qui lui valent d'être élu membre de l'Académie Royale d'Italie en 1929 et de recevoir le prix Nobel de littérature en 1934. Il meurt en 1936.

Benjamin Crémieux (1888-1944) est journaliste, critique littéraire et écrivain. Il collabore dès 1920 à La NRF dans laquelle il défend les oeuvres de Colette et de Proust. Directeur du bureau italien du ministère des Affaires étrangères, on lui doit la publication des premières traductions de Pirandello. Il contribue à faire connaître en France Verga, Svevo et Moravia. Résistant, il meurt à Buchenwald. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

Quatrième de couverture

Ces nouvelles ont été choisies à dessein pour dévoiler un aspect inconnu de Pirandello, un Pirandello régionaliste, tout nourri du folklore de son île, hanté par les récits entendus dans son enfance - légendes garibaldiennes, évocations de brigands. La Sicile de Pirandello se réduit d'ailleurs à un coin bien localisé, son pays natal, le pays d'Agrigente, son port, ses soufrières, sa campagne semi-tropicale, ses populations croupissant dans la misère, la superstition et l'ignorance séculaires, entretenues par le régime des Bourbons et des prêtres. Ce qu'on trouvera dans ce recueil, à travers la variété des images et du ton, c'est donc l'atmosphère et comme la sensation charnelle de cette "Vieille Sicile", base solide et point de départ de toute l'oeuvre pirandellienne. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.