J'ai lu ce livre dès sa sortie il y a plus de 30 ans et je m'en souviens encore tellement il m'a marquée. Yann Quefellec a obtenu le prix Goncourt pour "Les noces barbares" en 1985, un an après Marguerite Duras pour L'amant (livre culte pour moi).
C'est donc parce qu'il avait été primé que je l'ai lu et je ne le regrette pas malgré mon bouleversement. Mais la littérature c'est aussi ça.
Je me souviens du viol de cette adolescente qui revoit son agression dans les yeux verts de l'enfant né de l'atrocité. Pour évacuer la honte et la culpabilité, le petit garçon va être enfermé dans le grenier. Mais le cacher ne fait pas disparaître le souvenir de l'horreur et les sévices n'empêche pas l'enfant d'idôlatrer sa mère. Je me souviens qu'un jour il doit lui apporter son café et il crache dedans pour qu'elle devine ses pensées. Je crois que j'en ai pleuré.
Le mariage de sa mère et son enfermement en hôpital psychiatrique ne changeront rien et son manque d'amour amènera le garçon à se réfugier au bord de la mer puis à se laisser emporter par elle, avec elle.
C'est une histoire d'une grande tristesse mais surtout d'une grande puissance émotionnelle.
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