Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d’angoisse inexplicable. Rien n’est plus comme avant. Le blizzard s’est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant…
« Et si c'était elle, le grand écrivain contemporain ? Laura Kasischke, s'impose, livre après livre, comme la plus douée des romancières de sa génération. » François Busnel, Lire
« Douce et inquiétante, experte en malaise phosphorescent et ouaté, de livre en livre, elle a su bâtir un univers sans pareil, suspendu dans la rêverie aveuglante qui précède toujours le drame, ce moment de flottement où la clairvoyance se débat pour se faire entendre. » Marine Landrot, Télérama
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Aurélie Tronchet
Illustration de couverture : John Register, The Light in the Mirror , huile sur toile (détail) Courtesy of Modernism Gallery, San Francisco
ISBN : 978-2-267-02522-4
Biographie de l'auteur
Laura Kasischke est née en 1961 dans l’État du Michigan. Elle est l’auteure d’une dizaine de romans, dont Rêves de garçons , La Couronne verte , À moi pour toujours , qui a reçu le prix Lucioles des lecteurs en 2008, A Suspicious River et La Vie devant ses yeux , tous deux adaptés au cinéma, ou encore Esprit d’hiver , finaliste des prix Femina et Médicis étrangers en 2013, et lauréat du Grand Prix des lectrices de Elle 2014. Elle est également l’auteure d’un recueil de nouvelles, Si un inconnu vous aborde , ainsi que de poèmes, publiés dans de nombreuses revues, pour lesquels elle a notamment remporté un Hopwood Award et la bourse MacDowell. Sa poésie est traduite en français sous le titre Mariées rebelles. Laura Kasischke enseigne l’art du roman à Ann Arbor et vit toujours dans le Michigan.
--Ce texte fait référence à l'édition pocket_book.
Un mot de l'auteur
Une journée de Noël, une mère et sa fille adoptive adolescente sont coincées dans la maison familiale alors qu'au dehors le blizzard paralyse tout. Une situation ordinaire, mais qui est dès le début perturbée par l'intuition de Holly, la mère, que "Quelque chose les a suivis depuis la Russie jusque chez eux." La Russie, là où Holly et son époux ont adopté Tatiana. Un malaise amplifié par le comportement agressif de Tatiana, l'adolescente, auquel sa mère est confrontée entre deux préparatifs du repas de famille. Tout est simple chez Laura Kasischke, accessible, si bien qu'on se retrouve piégé par des situations d'apparence connues qui basculent progressivement vers l'incompréhensible. Il y a toujours quelque chose d'un peu corrompu, vicié dans l'univers de ses romans. Esprit d'hiver est terrible, haletant, on le lit avec une petite voix dans la tête qui nous conseille de prendre garde, une petite mélodie toxique dont on ne peut se défaire. Et qui reste, venimeuse, une fois la dernière page lue.
Aurélie Tronchet, la traductrice de l'ouvrage --Ce texte fait référence à l'édition kindle_edition.
Revue de presse
Fantôme, folie, fantasme sont présents. La clé finale est saisissante. Le roman peut ainsi se lire à différents niveaux. Une réflexion sur le poids du passé, un suspense impeccable et implacable, un jeu cruel de temporalité, une méditation sur l'écriture. La romancière semble nous dire que c'est toujours avec des bouts de soi camouflés que l'on écrit sur la vie des autres. [...] Esprit d'hiver se termine sur une porte refermée en silence faisant écho à une autre porte refermée dans le silence. On n'a rien vu, on n'a rien entendu. Le poison de l'oubli commence son uvre destructrice. --Marie-Laure Delorme, Le journal du dimanche
L'auteur des Revenants a tiré un roman de guerre familiale, aussi violent lorsqu'elle explore les zones interdites de l'orphelinat n°2,où des bandes d'enfants sauvages guettent l'arrivée des familles américaines pour les détrousser, que lorsqu'elle décrit les accès de colère de Tatiana, l'adolescente révoltée à la peau bleue et aux eux immenses. [...] Ca catche dans le nouveau roman maniaco-dépressif de Laura Kasischke, une sonate d'hiver bergmanienne pour violoncelle et âmes blessées --Didier Jacob, Le Nouvel Observateur
Une mère et sa fille adolescente coincées chez elles le jour de Noël. Une trame minimaliste, presque douce, point de départ d'un thriller mental asphyxiant, peut-être le roman le plus inquiétant écrit ces dernières années. [...] Le halo de mystère dans lequel la romancière sculpte cet aveuglement relève du pur génie littéraire : trame amarrée à l'inconscient, peuplée de mythes déchus et de spectres enfantins, qui a le chic pour transformer en cauchemar le décor du quotidien. Kasischke cultive depuis toujours les forces les plus obscures de la fiction. [...] Elle en fait le socle d'une uvres envoûtante, aux mille sortilèges, baignée d'inquiétante étrangeté, qui ne cesse, de livre en livre, de se renouveler. --Emily Barnett, Les Inrockuptibles --Ce texte fait référence à l'édition kindle_edition.
Extrait
Noël, 20-
Ce matin-là, elle se réveilla tard et aussitôt elle sut : Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux. C'était dans un rêve, pensa Holly, que cette bribe d'information lui avait été suggérée, tel un aperçu d'une vérité qu'elle avait portée en elle pendant - combien de temps au juste ? Treize ans ? Treize ans ! Elle avait su cela pendant treize ans, et en même temps elle l'avait ignoré - c'est du moins ce qu'il lui semblait, dans son état de demi-veille, en ce matin de Noël. Elle se leva du lit et s'engagea dans le couloir en direction de la chambre de sa fille, pressée de voir qu'elle était là, encore endormie, parfaitement en sécurité. Oui, elle était là, Tatiana, un bras blanc passé sur un couvre-lit pâle. Les cheveux bruns répandus sur l'oreiller. Si immobile qu'on aurait dit une peinture. Si paisible qu'on aurait pu la croire... Mais ce n'était pas le cas. Elle allait bien. Rassurée, Holly retourna dans sa chambre et se glissa de nouveau dans le lit près de son époux - mais, à peine allongée, elle pensa encore une fois : Cela les avait suivis jusque chez eux ! C'était quelque chose que Holly avait su, apparemment, au plus profond de son coeur, ou de son inconscient ou quel que soit l'endroit où ce genre d'information se terre à l'intérieur d'une femme, à son insu, pendant des années, jusqu'à ce qu'un événement lui fasse prendre conscience qu'elle a oublié, ou refoulé, ou... Ou bien était-ce une chose qu'elle avait volontairement ignorée ? À présent, elle s'en apercevait : Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux ! Mais quoi ? Et Holly pensa alors : Je dois l'écrire avant que cela ne m'échappe. Elle avait déjà ressenti ça plus jeune - l'envie presque paniquée d'écrire à propos d'une chose qu'elle avait entraperçue, de la fixer sur la page avant qu'elle ne file à nouveau. Certaines fois, il avait failli lui soulever le coeur, ce désir d'arracher d'un coup sec cette chose d'elle et de la transposer en mots avant qu'elle ne se dissimule derrière un organe au plus profond de son corps - un organe un peu bordeaux qui ressemblerait à un foie ou à des ouïes et qu'elle devrait extirper par l'arrière, comme si elle le sortait du bout des doigts d'une carcasse de dinde, si jamais elle voulait l'atteindre une nouvelle fois. Voilà ce que Holly avait ressenti chaque fois qu'elle écrivait un poème, et pourquoi elle avait cessé d'en écrire. Mon Dieu, cette pensée était pourtant comme un poème - un secret, une vérité, juste hors de portée. --Ce texte fait référence à l'édition kindle_edition.
Description:
LAURA KASISCHKE
ESPRIT D’HIVER
Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d’angoisse inexplicable. Rien n’est plus comme avant. Le blizzard s’est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant…
« Et si c'était elle, le grand écrivain contemporain ? Laura Kasischke, s'impose, livre après livre, comme la plus douée des romancières de sa génération. » François Busnel, Lire
« Douce et inquiétante, experte en malaise phosphorescent et ouaté, de livre en livre, elle a su bâtir un univers sans pareil, suspendu dans la rêverie aveuglante qui précède toujours le drame, ce moment de flottement où la clairvoyance se débat pour se faire entendre. »
Marine Landrot, Télérama
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Aurélie Tronchet
Illustration de couverture :
John Register, The Light in the Mirror , huile sur toile (détail)
Courtesy of Modernism Gallery, San Francisco
ISBN : 978-2-267-02522-4
Biographie de l'auteur
Laura Kasischke est née en 1961 dans l’État du Michigan. Elle est l’auteure d’une dizaine de romans, dont Rêves de garçons , La Couronne verte , À moi pour toujours , qui a reçu le prix Lucioles des lecteurs en 2008, A Suspicious River et La Vie devant ses yeux , tous deux adaptés au cinéma, ou encore Esprit d’hiver , finaliste des prix Femina et Médicis étrangers en 2013, et lauréat du Grand Prix des lectrices de Elle 2014. Elle est également l’auteure d’un recueil de nouvelles, Si un inconnu vous aborde , ainsi que de poèmes, publiés dans de nombreuses revues, pour lesquels elle a notamment remporté un Hopwood Award et la bourse MacDowell. Sa poésie est traduite en français sous le titre Mariées rebelles. Laura Kasischke enseigne l’art du roman à Ann Arbor et vit toujours dans le Michigan.
--Ce texte fait référence à l'édition pocket_book.
Un mot de l'auteur
Une journée de Noël, une mère et sa fille adoptive adolescente sont coincées dans la maison familiale alors qu'au dehors le blizzard paralyse tout. Une situation ordinaire, mais qui est dès le début perturbée par l'intuition de Holly, la mère, que "Quelque chose les a suivis depuis la Russie jusque chez eux." La Russie, là où Holly et son époux ont adopté Tatiana. Un malaise amplifié par le comportement agressif de Tatiana, l'adolescente, auquel sa mère est confrontée entre deux préparatifs du repas de famille.
Tout est simple chez Laura Kasischke, accessible, si bien qu'on se retrouve piégé par des situations d'apparence connues qui basculent progressivement vers l'incompréhensible. Il y a toujours quelque chose d'un peu corrompu, vicié dans l'univers de ses romans. Esprit d'hiver est terrible, haletant, on le lit avec une petite voix dans la tête qui nous conseille de prendre garde, une petite mélodie toxique dont on ne peut se défaire. Et qui reste, venimeuse, une fois la dernière page lue.
Aurélie Tronchet, la traductrice de l'ouvrage --Ce texte fait référence à l'édition kindle_edition.
Revue de presse
Fantôme, folie, fantasme sont présents. La clé finale est saisissante. Le roman peut ainsi se lire à différents niveaux. Une réflexion sur le poids du passé, un suspense impeccable et implacable, un jeu cruel de temporalité, une méditation sur l'écriture. La romancière semble nous dire que c'est toujours avec des bouts de soi camouflés que l'on écrit sur la vie des autres. [...] Esprit d'hiver se termine sur une porte refermée en silence faisant écho à une autre porte refermée dans le silence. On n'a rien vu, on n'a rien entendu. Le poison de l'oubli commence son uvre destructrice. --Marie-Laure Delorme, Le journal du dimanche
L'auteur des Revenants a tiré un roman de guerre familiale, aussi violent lorsqu'elle explore les zones interdites de l'orphelinat n°2,où des bandes d'enfants sauvages guettent l'arrivée des familles américaines pour les détrousser, que lorsqu'elle décrit les accès de colère de Tatiana, l'adolescente révoltée à la peau bleue et aux eux immenses. [...] Ca catche dans le nouveau roman maniaco-dépressif de Laura Kasischke, une sonate d'hiver bergmanienne pour violoncelle et âmes blessées --Didier Jacob, Le Nouvel Observateur
Une mère et sa fille adolescente coincées chez elles le jour de Noël. Une trame minimaliste, presque douce, point de départ d'un thriller mental asphyxiant, peut-être le roman le plus inquiétant écrit ces dernières années. [...] Le halo de mystère dans lequel la romancière sculpte cet aveuglement relève du pur génie littéraire : trame amarrée à l'inconscient, peuplée de mythes déchus et de spectres enfantins, qui a le chic pour transformer en cauchemar le décor du quotidien. Kasischke cultive depuis toujours les forces les plus obscures de la fiction. [...] Elle en fait le socle d'une uvres envoûtante, aux mille sortilèges, baignée d'inquiétante étrangeté, qui ne cesse, de livre en livre, de se renouveler. --Emily Barnett, Les Inrockuptibles --Ce texte fait référence à l'édition kindle_edition.
Extrait
Noël, 20-
Ce matin-là, elle se réveilla tard et aussitôt elle sut : Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux.
C'était dans un rêve, pensa Holly, que cette bribe d'information lui avait été suggérée, tel un aperçu d'une vérité qu'elle avait portée en elle pendant - combien de temps au juste ?
Treize ans ?
Treize ans !
Elle avait su cela pendant treize ans, et en même temps elle l'avait ignoré - c'est du moins ce qu'il lui semblait, dans son état de demi-veille, en ce matin de Noël. Elle se leva du lit et s'engagea dans le couloir en direction de la chambre de sa fille, pressée de voir qu'elle était là, encore endormie, parfaitement en sécurité.
Oui, elle était là, Tatiana, un bras blanc passé sur un couvre-lit pâle. Les cheveux bruns répandus sur l'oreiller. Si immobile qu'on aurait dit une peinture. Si paisible qu'on aurait pu la croire...
Mais ce n'était pas le cas. Elle allait bien. Rassurée, Holly retourna dans sa chambre et se glissa de nouveau dans le lit près de son époux - mais, à peine allongée, elle pensa encore une fois :
Cela les avait suivis jusque chez eux !
C'était quelque chose que Holly avait su, apparemment, au plus profond de son coeur, ou de son inconscient ou quel que soit l'endroit où ce genre d'information se terre à l'intérieur d'une femme, à son insu, pendant des années, jusqu'à ce qu'un événement lui fasse prendre conscience qu'elle a oublié, ou refoulé, ou...
Ou bien était-ce une chose qu'elle avait volontairement ignorée ? À présent, elle s'en apercevait :
Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux !
Mais quoi ?
Et Holly pensa alors : Je dois l'écrire avant que cela ne m'échappe. Elle avait déjà ressenti ça plus jeune - l'envie presque paniquée d'écrire à propos d'une chose qu'elle avait entraperçue, de la fixer sur la page avant qu'elle ne file à nouveau. Certaines fois, il avait failli lui soulever le coeur, ce désir d'arracher d'un coup sec cette chose d'elle et de la transposer en mots avant qu'elle ne se dissimule derrière un organe au plus profond de son corps - un organe un peu bordeaux qui ressemblerait à un foie ou à des ouïes et qu'elle devrait extirper par l'arrière, comme si elle le sortait du bout des doigts d'une carcasse de dinde, si jamais elle voulait l'atteindre une nouvelle fois. Voilà ce que Holly avait ressenti chaque fois qu'elle écrivait un poème, et pourquoi elle avait cessé d'en écrire.
Mon Dieu, cette pensée était pourtant comme un poème - un secret, une vérité, juste hors de portée. --Ce texte fait référence à l'édition kindle_edition.