Hitler pour 1000 ans

Léon Degrelle

Language: French

Publisher: La Table ronde

Published: Mar 24, 1969

Description:

Leon Degrelle

 Hitler, il y en a pour mille ans.

 Cette phrase paraît bien provocatrice aujourd'hui, au point que l'on s'attendrait à la voir tenir par un individu particulièrement attardé. Pourtant, elle fut proclamée par Paul-Henri Spaak, l'un des pères de l'unité européenne, en 1940. à sa décharge, il faut dire que l'Allemagne hitlérienne de cette époque semblait invincible après sa victoire éclair sur les troupes franco-britanniques. Alliée à l'URSS, avec qui elle avait dépecé la Pologne, les états-Unis accrochés à leur neutralité et l'Angleterre attendant avec flegme le moment où elle serait dévorée à son tour, rien ne semblait pouvoir lui résister.

Degrelle a été un témoin majeur de cette époque, fondateur du parti politique d'inspiration catholique et nationaliste : le rexisme. Sa jeunesse et la vigueur de son verbe le destinaient à un destin remarquable, fustigeant, en les renvoyant dos-à-dos, les ploutocrates et leurs frères ennemis socialo-communistes avec humour et détermination, le pouvoir en Belgique semblait lui tendre les mains. Les odeurs de guerre et la campagne de diabolisation l'assimilant à Hitler lui coupèrent définitivement les ailes. La défaite de sa patrie le laissera dans une position d'attente jusqu'au déclenchement de la croisade du XXe siècle : l'invasion de l'URSS.

 

Parti simple soldat, Degrelle deviendra commandeur de la 28e division Waffen SS Wallonie, son épopée finira sur une plage espagnole. Protégé par une chance insolente, il sera l'un des très rares représentants de l'Ordre nouveau à échapper au désir de vengeance des vainqueurs. Son témoignage permettra peut-être aux jeunes générations, éloignées à l'extrême d'une époque où les peuples luttaient pour leur survie, de comprendre un peu mieux le point de vue d'un homme d'exception. Ces propos choqueront sûrement les tenants du politiquement correct, mais croire que seul le point de vue officiel a de la valeur n'est-ce pas la le début d'une dictature.*

Hitler pour mille ans, publié en 1969, est tout aussi révélateur des affabulations de Degrelle et de son admiration persistante pour Hitler. Pour le premier aspect, Degrelle affirme tour à tour qu'après sa première entrevue avec Hitler en 1936, celui-ci aurait dit et répété à Joachim von Ribbentrop qu'il n'avait jamais vu de tels dons chez un gars de cet âge165, qu'en 1939, le soir, il allait parfois retrouver le roi Léopold III à son palais de Laeken, « où le souverain le recevait détendu, en culotte de cheval » et où ils jetaient « ensemble les bases des campagnes de la presse rexiste »165 ; toujours selon Degrelle, en préparation à l'invasion de la Norvège, « Hitler lui-même avait été auparavant rôder secrètement en bateau tout au long de la côte à investir et connaissait chaque crique du débarquement165. » Bien qu'il n'ait rencontré Hitler qu'à trois reprises, il proclame « : Moi je l'ai connu tout au long de ces dix années, connu de tout près au moment de sa gloire, comme au moment où, autour de lui, l'univers de ses œuvres et de ses rêves basculait. Je sais. Je sais qui il était : le chef politique, le chef de guerre, l'homme, l'homme tout cru, l'homme tout court165. » Quant au second aspect, Degrelle nie la Shoah tout en exaltant les réalisations du nazisme : « On a publié, dans un gigantesque tapage, cent reportages, souvent exagérés, parfois grossièrement mensongers, sur les camps de concentration et les fours crématoires, seuls éléments que l'on veuille bien mentionner dans l'immense création que fut, pendant dix ans, le régime hitlérien166. » Il termine son ouvrage en écrivant « qu'il est malheureux qu'au XXe siècle Hitler ait raté l'affaire [l'unification de l'Europe] à son tour [après Napoléon]. Le communisme eût été balayé166 » et que « Hitler disparu, le monde démocratique s'est révélé incapable de créer du neuf dans le domaine politique et social, ou même de rafistoler du vieux166 », allant jusqu'à prétendre que Hitler a inspiré Nasser, de Gaulle, Tito et Castro166.