C’était la mort et non le sexe, le secret dont les grandes personnes parlaient
en chuchotant, et sur lequel on aurait bien voulu en apprendre davantage. » Cet
uppercut à la mâchoire, c’est la première phrase de Refus de
témoigner.
Il est difficile de dire l’ « indocilité » du récit dont Ruth Klüger nous
fait ici l’abrupt et magnifique présent. Martin Walser ne s’y est pas trompé en
commentant ainsi – à la Radio Bavaroise – sa parution en 1992 : « La précision
du style, qui met en doute le témoignage de la mémoire, ne nous permet pas de
nous dédouaner par la compassion. Je ne crois pas qu’on puisse lire ce livre
sans se sentir provoqué… Chaque lecteur devra y répondre avec sa propre
histoire. »
Née à Vienne en 1931, elle a sept ans au moment de l’Anschluss. Elle a été
déportée avec sa mère en 1942 à Theresienstadt puis à Auschwitz. En février
1945, pendant la « marche de la mort », les deux femmes réussirent à
s’enfuir.
Depuis l’âge de quinze ans, elle vit aux États-Unis. Elle est germaniste et a
enseigné dans plusieurs universités américaines.
De longues années s’écoulèrent avant qu’elle décide de retourner en
Allemagne. Considérant que « les Allemands n’en savaient pas assez », elle
décida d’ajouter à leur connaissance « le filtre de sa mémoire » et commença à
rédiger Refus de témoigner. Ruth Klüger a publié en Allemagne plusieurs
volumes de critique littéraire et a reçu en France le prix Mémoire de la Shoah
en 1997.
Description:
C’était la mort et non le sexe, le secret dont les grandes personnes parlaient en chuchotant, et sur lequel on aurait bien voulu en apprendre davantage. » Cet uppercut à la mâchoire, c’est la première phrase de Refus de témoigner.
Il est difficile de dire l’ « indocilité » du récit dont Ruth Klüger nous fait ici l’abrupt et magnifique présent. Martin Walser ne s’y est pas trompé en commentant ainsi – à la Radio Bavaroise – sa parution en 1992 : « La précision du style, qui met en doute le témoignage de la mémoire, ne nous permet pas de nous dédouaner par la compassion. Je ne crois pas qu’on puisse lire ce livre sans se sentir provoqué… Chaque lecteur devra y répondre avec sa propre histoire. »
Née à Vienne en 1931, elle a sept ans au moment de l’Anschluss. Elle a été déportée avec sa mère en 1942 à Theresienstadt puis à Auschwitz. En février 1945, pendant la « marche de la mort », les deux femmes réussirent à s’enfuir.
Depuis l’âge de quinze ans, elle vit aux États-Unis. Elle est germaniste et a enseigné dans plusieurs universités américaines.
De longues années s’écoulèrent avant qu’elle décide de retourner en Allemagne. Considérant que « les Allemands n’en savaient pas assez », elle décida d’ajouter à leur connaissance « le filtre de sa mémoire » et commença à rédiger Refus de témoigner. Ruth Klüger a publié en Allemagne plusieurs volumes de critique littéraire et a reçu en France le prix Mémoire de la Shoah en 1997.