Pas de corps reconnaissable, pas d’empreintes, pas de témoin. L’homme brûlé vif dans l’abri de jardin des Barlow est difficilement identifiable. Pourtant la police parvient assez vite à une conclusion : il s’agit d’un travailleur immigré estonien, Jaan Stepulov. Ils sont nombreux, à Peterborough, ceux qui arrivent des pays de l’Est, et de plus loin encore, à la recherche d’une vie meilleure. Et nombreux sont ceux qui voudraient s’en débarrasser. Les deux policiers qui enquêtent sur le meurtre, Zigic et sa partenaire Ferreira, ne l’ignorent pas. N’éliminant aucune piste, le duo pénètre dans un monde parallèle à la périphérie de cette ville sinistrée par la crise économique, là où les vies humaines ont moins de valeur que les matériaux utilisés sur les chantiers de construction. Là où tous les chemins peuvent mener au crime de haine.
Poirette :
La section des crimes de haine" : comme c’est bien dit. Il n’y a vraiment que les Anglais pour inventer un truc pareil ! Dans le cas présent, à Peterborough, ville ouvrière crucifiée par la crise économique, ça se résume à toutes les violences à l’encontre des travailleurs immigrés. Essentiellement des Polonais, des Chinois et des Estoniens.
C’est justement de Tallinn que venait Jaan Stepulow. Il a vaguement bossé sur des chantiers avant de s’adonner à la bouteille presque à temps plein. Et c’est son cadavre que l’on retrouve dans l’abri de jardin verrouillé et carbonisé des époux Barlow, Gemma et Phil ; qui n’ont rien vu, rien entendu.
En charge de l’enquête, deux inspecteurs, immigrés de la seconde génération : le Serbe Zigic et la Portugaise Ferreira : l’eau et le feu. Il est aussi placide qu’elle est survoltée. Mais bon, la paire fonctionne. Et nous mène jusqu’à une vérité fort peu ragoûtante. Au pays de sa très Gracieuse Majesté, on importe des esclaves payés 5 livres de l’heure - ou pas payés du tout, selon l’humeur du patron. Les femmes servent dans les pubs et arrondissent leurs fins de mois à l’horizontale. Les hommes, logés en caravane cadenassées la nuit, triment dans le BTP ou ramassent des légumes. Les mécontents dégagent… ou disparaissent à jamais.
Vous allez nous dire : c’est pareil chez nous. Certes. Mais raconté par Eva Dolan, ça a vraiment de la gueule. Son premier polar, Les Chemins de la haine, est une réussite pleine et entière. On est très loin de la rengaine "les pauvres immigrés contre les méchants flics". C’est beaucoup plus subtil que ça. Et donc bien plus efficace.
Description:
Pas de corps reconnaissable, pas d’empreintes, pas de témoin. L’homme brûlé vif dans l’abri de jardin des Barlow est difficilement identifiable. Pourtant la police parvient assez vite à une conclusion : il s’agit d’un travailleur immigré estonien, Jaan Stepulov. Ils sont nombreux, à Peterborough, ceux qui arrivent des pays de l’Est, et de plus loin encore, à la recherche d’une vie meilleure. Et nombreux sont ceux qui voudraient s’en débarrasser. Les deux policiers qui enquêtent sur le meurtre, Zigic et sa partenaire Ferreira, ne l’ignorent pas. N’éliminant aucune piste, le duo pénètre dans un monde parallèle à la périphérie de cette ville sinistrée par la crise économique, là où les vies humaines ont moins de valeur que les matériaux utilisés sur les chantiers de construction. Là où tous les chemins peuvent mener au crime de haine.