Ma ZAD

Jean-Bernard Pouy

Language: French

Published: Jan 14, 2018

Description:

Camille Destroit, quadra, responsable des achats du rayon frais à l'hyper de Cassel, est interpellé lors de l'évacuation du site de Zavenghem, occupé par des activistes. À sa sortie de GAV, le hangar où il stockait des objets de récup destinés à ses potes zadistes n'est plus qu'un tas de ruines fumantes, son employeur le licencie, sa copine le quitte... et il se fait tabasser par des crânes rasés. Difficile d'avoir pire karma et de ne pas être tenté de se radicaliser! 
Heureusement, la jeune Claire est là qui, avec quelques compagnons de lutte, égaye le quotidien de Camille et lui redonne petit à petit l'envie de lutter contre cette famille de potentats locaux, ennemis désignés des zadistes, les Valter.

Poirette : 

Camille Destroit, 40 ans, est responsable de rayon dans un supermarché bio, du côté de Cassel. Sa copine Pauline l’a quitté. Il vit dans une ferme promise à la destruction si est construite la magnifique plate-forme multimodale dont rêve la famille Valter, puissants industriels du BTP initiateurs du projet. Des millions de tonnes de béton, des milliers de camions dessus et en dessous, crapauds et salamandres dûment protégés. Mais des centaines d’emplois à la clé, brament les chômeurs du coin. 

Rengaine entendue ailleurs, ces dernières années, du côté de Nantes. Pour Camille, pas à hésiter : ces quelques dizaines d’hectares de lourde terre à betterave, c’est une ZAD, une "zone à défendre". À défendre devant les tribunaux et au besoin face aux CRS, manche de pioche à la main. Mais qui est vraiment responsable ? Le pauvre flic de base, payé pour cogner ? Le député bétonneur du coin ? Ou les Valter, engeance capitaliste de la pire espèce ? C’est tout vu. De ZADiste occasionnel, Camille Destroit devient exécuteur de plein droit. Quitte à finir en beauté, autant laisser place nette ! 

Voilà une lecture fort rafraîchissante ! Elle nous est offerte par ce vieil anar' de Jean-Bernard Pouy, 72 ans aux prunes et frais comme un gardon. Tout est là : l’argumentaire militant, la haine des fachos, les seins magnifiques des filles, le rire désespéré et l’avenir bouché. Du concentré de Pouy, au style habituel : à la fois foutraque et élégant. Un élixir de 193 pages, à consommer cul sec, pour mourir un peu moins idiots.