Kiewarra. Petite communauté rurale du sud-est de l’Australie. Écrasée par le soleil, terrassée par une sécheresse sans précédent. Sa poussière. Son bétail émacié. Ses fermiers désespérés.
Désespérés au point de tuer femme et enfant, et de retourner l’arme contre soi-même ? C’est ce qui est arrivé à Luke Hadler, et Aaron Falk, son ami d’enfance, n’a aucune raison d’en douter. S’il n’y avait pas ces quelques mots arrivés par la poste :
Luke a menti. Tu as menti. Sois présent aux funérailles…
Revenir à Kiewarra est la dernière chose dont Aaron a envie. Trop vives sont encore les blessures de son départ précipité des années auparavant. Trop dangereux le secret qu’il a gardé pendant tout ce temps. Mais Aaron a une dette, et quelqu’un a décidé que le moment est venu de la payer…
Poirette : " A la ferme, la mort n'était pas une étrangère. Quant aux mouches à viande, elles n'étaient pas regardantes et ne faisaient guère la différence entre une charogne et un cadavre humain". Des cadavres, il y en a deux à la ferme Harper : celui de Karen la maman et à l'étage, la gamine de sept ans, Billy. Pas très loin, sur le plateau de son pick-up, Luke, le père qui apparemment s'est suicidé après avoir abattu sa famille. La faute peut-être à la sécheresse. Pas une goutte d'eau depuis deux ans sur Kiewarra et tout ce secteur de l'État de Victoria, en Australie. Ça rend fou, surtout les fermiers et les éleveurs.
Aaron Falk a quitté depuis des années cet enfer du bush. Il est devenu flic à Melbourne. Dans sa boîte aux lettres, un mot très énigmatique du père de Luke, son ami d'enfance : "Luke a menti. Tu as menti. Sois présent aux funérailles". La mort dans l'âme, Aaron retourne donc à Kiewarra… Cinq heures de route et vingt ans en arrière. Pour enfin découvrir une vérité à laquelle il n'a jamais voulu être confronté.
C'est un huis clos parfait : un bled paumé dans le sable, peuplé de quelques centaines de bouseux portés essentiellement sur la bière. De vieilles haines recuites qui ont attaché dans le chaudron du temps qui passe, et une semaine chrono, à 40 degrés Celsius, pour démasquer les coupables d'hier et d'aujourd'hui. Or à Kiewarra, les coupables, ça ne manque pas. Tout cela donne un excellent polar, oppressant et dépaysant à souhait. Ça s'appelle Canicule. L'auteur, Jane Harper, est une journaliste anglaise. C'est son premier roman. Chapeau. "
Canicule, de Jane Harper est paru aux éditions Kero.
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