On retrouve Schneider, le flic désabusé et sans prénom de " La Mort dans une voiture solitaire " et de " Boulevard des allongés ".
Fanatique de Virginia Woolf et écorché vif, hanté par la mort d'une femme, l'inspecteur principal Schneider, chef du Groupe criminel hante la ville tel un fantôme à bord de sa Lincoln Continental.
Il entretient des relations compliquées avec un " Monsieur Tom ", ex-avocat d'Assises et homme d'affaires pas toujours recommandable. Il doit aussi enquêter sur la tentative de meurtre qui a laissé son collègue Meunier des Stups entre la vie et la mort.
Poirette : "Hiver 1979, dans une ville du Nord Est de la France. Un flic des stups, Meunier, est abattu le soir de Noël par un motard, à une pompe à essence. La vidéo-surveillance a tout vu. Le pompiste aussi. Schneider, un ancien para d'Algérie patron de la Crim' est chargé de l'enquête. Elle est rapide. Le tueur passe aux aveux. Fin de l'histoire. Evidemment non, parce que le coupable ne l'est pas vraiment. Parce que la brigade des stups veut la peau de Schneider, tout comme les Bœufs Carottes d'ailleurs.
Et parce que dans le même temps, Cheroquee est entrée dans le décor. Ah… Cheroquee ! Infirmière, profilée comme un croiseur d'attaque et raide amoureuse de Schneider. C'est réciproque, mais difficile à admettre pour ce solitaire endurci qui passe ses nuits blanches avec les fantômes des opérations de "pacification" dans les Aurès. Avec ce fond de sauce assez classique, Hugues Pagan nous mitonne un ragoût policier trois étoiles. Le ragoût a eu le temps de mijoter. Dix ans exactement, sans écrire un bouquin. On trouvait le temps long. Et nous sommes récompensés.
Pagan, ancien flic lui-même et qui vient d'avoir 70 ans revient très en forme. Exemple : Iil n'y avait pas de meubles chez Schneider, seulement ce qui était nécessaire à la survie d'un homme démesurément seul. Une cuisine moderne aussi pratique et chaleureuse qu'un bloc opératoire. Des tiroirs vides, un frigo avec presque rien dedans. Il avait laissé un double de clés à Cheroquee, libre à elle de s'en servir ou pas. Des clés, on les utilise aussi bien pour partir que pour revenir". C'est beau, non ? "
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