Comment, lorsqu'on est une femme seule, travailleuse avec une vision morale de l'existence... qu'on a trimé toute sa vie pour garder la tête hors de l'eau tout en élevant ses enfants... qu'on a servi la justice sans faillir, traduisant des milliers d'heures d'écoutes téléphoniques avec un statut de travailleur au noir... on en arrive à franchir la ligne jaune ? Rien de plus simple, on détourne une montagne de cannabis d'un Go Fast et on le fait l'âme légère, en ne ressentant ni culpabilité ni effroi, mais plutôt... disons... un détachement joyeux. Et on devient la Daronne.
Poirette : "Mes parents étaient des métèques, des rastaquouères, des étrangers. Ils aimaient viscéralement l'argent. Mon père avait fait fortune en envoyant ses camions vers les pays dits de merde dont le nom se termine par 'an' comme le Pakistan, l'Ouzbekistan, l'Azerbaïdjan ou l'Iran". Ainsi parle Patience Portefeux, qui a perdu son papa et son mari et doit désormais, seule et avec deux gamines sur les bras, payer la maison de retraite de maman. Coup de chance, elle parle la langue du Prophète.
Elle devient donc "traductrice interprète judiciaire d'écoutes téléphoniques en arabe". En clair : elle indique aux flics où et quand serrer les trafiquants et récupérer des tonnes de drogue. Évidemment, cette fortune qui se balade sous forme de poudre blanche ou de cubes de résine, ça fait rêver. Un jour, Patience a l'occasion de détourner et revendre pour son compte 500 kilos de cannabis. Elle saute le pas. Elle devient "la daronne".
La suite est 100% délectable et je vous laisse la découvrir dans cet extraordinaire polar de Hannelore Cayre, à dix coudées au-dessus de la production ordinaire. Dans le civil, maître Cayre est avocate, spécialisée dans ce qu'elle appelle "le pénal crade, genre les sales types qui plongent la tête du gamin dans un seau d'eau pour racketter les parents". Cela permet de voir le monde comme il est : bien glauque. Cela permet aussi d'écrire l'un des meilleurs polars français paru depuis septembre, selon moi un pur chef d'œuvre. Surtout, ne vous en privez pas. "
Description:
Comment, lorsqu'on est une femme seule, travailleuse avec une vision morale de l'existence... qu'on a trimé toute sa vie pour garder la tête hors de l'eau tout en élevant ses enfants... qu'on a servi la justice sans faillir, traduisant des milliers d'heures d'écoutes téléphoniques avec un statut de travailleur au noir... on en arrive à franchir la ligne jaune ? Rien de plus simple, on détourne une montagne de cannabis d'un Go Fast et on le fait l'âme légère, en ne ressentant ni culpabilité ni effroi, mais plutôt... disons... un détachement joyeux. Et on devient la Daronne.
Poirette : "Mes parents étaient des métèques, des rastaquouères, des étrangers. Ils aimaient viscéralement l'argent. Mon père avait fait fortune en envoyant ses camions vers les pays dits de merde dont le nom se termine par 'an' comme le Pakistan, l'Ouzbekistan, l'Azerbaïdjan ou l'Iran". Ainsi parle Patience Portefeux, qui a perdu son papa et son mari et doit désormais, seule et avec deux gamines sur les bras, payer la maison de retraite de maman. Coup de chance, elle parle la langue du Prophète.
Elle devient donc "traductrice interprète judiciaire d'écoutes téléphoniques en arabe". En clair : elle indique aux flics où et quand serrer les trafiquants et récupérer des tonnes de drogue. Évidemment, cette fortune qui se balade sous forme de poudre blanche ou de cubes de résine, ça fait rêver. Un jour, Patience a l'occasion de détourner et revendre pour son compte 500 kilos de cannabis. Elle saute le pas. Elle devient "la daronne".
La suite est 100% délectable et je vous laisse la découvrir dans cet extraordinaire polar de Hannelore Cayre, à dix coudées au-dessus de la production ordinaire. Dans le civil, maître Cayre est avocate, spécialisée dans ce qu'elle appelle "le pénal crade, genre les sales types qui plongent la tête du gamin dans un seau d'eau pour racketter les parents". Cela permet de voir le monde comme il est : bien glauque. Cela permet aussi d'écrire l'un des meilleurs polars français paru depuis septembre, selon moi un pur chef d'œuvre. Surtout, ne vous en privez pas. "