Le nazi et le barbier

Edgar Hilsenrath

Language: French

Publisher: Attila

Published: Jul 14, 2010

Description:

Une épopée picaresque, traitant l’Holocauste avec la verve, l’ironie et l’humour noir de Fuck America. Max Schultz a les cheveux noirs, le nez crochu et les lèvres épaisses; tout le monde le prend pour un Juif. Enfant bâtard, mais « aryen pur souche », battu et humilié durant son enfance, il grandit avec Itzig Finkelstein, le fils du coiffeur juif ; ils sont les meilleurs amis du monde. Mais en 1932, après un discours de Hitler, Max s’enrôle dans les SA, puis dans les SS, où il connaît une promotion foudroyante. Il devient ainsi responsable d’un camp de concentration en Pologne où disparaissent son ami et toute la famille Finkelstein. Plus tard, recherché comme criminel de guerre, il tente de se faire passer pour juif... et y parvient! Endossant l’identité de son ami Itzig, il devient un sioniste prosélyte et rejoint la Palestine où il commence à enseigner les textes sacrés. S’inscrivant chez les nazis par mimétisme et opportunisme, Max Schulz devient « un monstre ordinaire » tout en étant capable, après la guerre, de reprendre une vie en apparence normale. « Jusqu’à la dernière ligne, le romancier nous donne une leçon de liberté et, donc, de littérature. Sa verve, son style oral (quelle maîtrise des dialogues) et lyrique, sa langue ébouriffante, son humour dévastateur nous emportent tout entier. À lire de toute urgence. » ― Suzanne Giguère, Le Devoir Parution en février 2012, aux Éditions Attila, de Nuit.

Edgar Hilsenrath est né en Allemagne en 1926. Survivant de la Shoah, ayant vécu en Palestine et en France, il arrive à New York au début des années 50. Là, il écrit la nuit dans des cafétérias juives sordides, et vit de petits boulots le jour. Ses romans ont été traduits en dix-huit langues et se sont vendus dans le monde entier à plus de cinq millions d’exemplaires. 

Critique lecteur :

Je viens de refermer le "nazi et le barbier" et la découverte de cet auteur a été pour moi une véritable révélation.

J'ai été profondément troublée par le style et l'originalité de l'histoire qu'il nous raconte, inscrite dans l'Histoire avec un grand H d'une des périodes les plus sombres et les plus effroyables du 20ème siècle.

Comment prendre le recul nécessaire pour raconter la Shoa sur le ton de la fable, de la farce, frôlant l'obscénité, l'absurde, la vulgarité, l'horreur sans jamais y sombrer avec, somme toute, un humour très "ashkénase". Il nous renvoie à la notion de "banalité du mal" que défendait Hannah Arendt. C'est avant tout l'histoire de la bêtise, de l'opportunisme, de la convoitise, de la distanciation totale avec la réalité. Son héro est un être veule , dénué de toute trace de conscience qui traverse l'histoire, tour à tour SA, SS, génocidaire, puis juif ardent défenseur de l'état d'Israēl avec pour uniques préoccupations sa survie, son enrichissement, sa reconnaissance par autrui. Histoire que l'on peut trouver tout à fait immorale car elle ne laisse aucune place au repentir, au remord. Ce livre n'en reste pas moins un petit chef d'oeuvre d'humour, et c'est ce qui fait de l'auteur un très grand écrivain. J'ai hâte de poursuivre la découverte de ses romans.