22 Histoires de sexe et d'horreur

Collectif

Language: French

Published: Jul 8, 2016

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Stephen King, Ruth Rendell, Patrick McGrath, Clive Barker, et 18 autres écrivains Des femmes en proie à d’étranges désirs, des hommes habités par des forces primitives et perverses, des lieux maléfiques qui déchaînent les pulsions les plus incontrôlables, des êtres fantomatiques dont les étreintes sont aussi voluptueuses que monstrueuses… Lorsque les plus grands maîtres du thriller s’en mêlent, les ardeurs de l’amour ressemblent à s’y méprendre aux flammes de l’enfer… De Stephen King à Ruth Rendell, de Patrick McGrath à Clive Barker, un cocktail explosif d’histoires fantastiques formant une sarabande macabre et frénétique, entre extase et terreur.


Robert Aickman (Britannique, 1914-1981) a un jour comparé le conte fantastique à la poésie ; c’est une comparaison tout à fait valable en ce qui concerne ses propres œuvres. Petit-fils de Richard Marsh, l’auteur du Scarabée (Nouvelles Éditions Oswald) – un classique de l’horreur fin de siècle 12 plutôt kitsch, mais encore lisible aujourd’hui –, Aickman préférait le terme d’« histoires étranges » pour qualifier ses contes. Un terme bien choisi, car au cœur de ses effets les plus réussis se trouve une ambiguïté qui hante le lecteur. Parmi ses recueils, malheureusement inédits en français, citons : Dark Entries (1964), Powers of Darkness (1966), Sub Rosa (1968 ), Cold Hand in Mine (1975), Tales of Love and Death (1977) et Painted Devils (1979).

Carolyn Banks (Américaine, 1941) est une romancière et nouvelliste dont le premier livre, M. Right, a été publié en 1979, et suivi de The Darkroom (1980), The Girls on the Row (1983) et Patchwork (1986). Fascinée par les pulsions les plus sombres de la nature humaine, elle pousse ses personnages jusqu’à leurs ultimes limites ; en même temps, son assurance lui permet de maîtriser les situations les plus explosives. Elle écrit des critiques d’ouvrages d’horreur et de suspense et a animé des ateliers d’écriture.
Clive Barker (Britannique, 1952) s’est vu qualifier dès ses débuts d’« avenir de la littérature de terreur » par Stephen King lui-même. Depuis la publication en 1984 et 1985 de ses six recueils d’excellentes nouvelles traduits ensuite aux éditions Albin Michel (Le Livre de sang, Une course d’enfer, Confessions d’un linceul, Apocalypses, Prison de chair et La Mort, sa vie, son œuvre), Barker n’a cessé d’éblouir ses lecteurs par sa verve imaginative. Parmi les romans qu’il a publiés à ce jour, citons : Le Jeu de la damnation (1985), Le Royaume des devins (1987), Cabale (1988 ) et Secret Show (1989), publiés, ainsi que ses recueils, aux Éditions Albin Michel. Il a également écrit et mis en scène les films Hellraiser : Le Pacte (1987, d’après son court roman The Hellbound Heart) et Cabal (1990, d’après Cabale).

Michael Blumlein (Américain, 1948 ) exerce les professions d’écrivain et de médecin. Son premier roman, The Movement of Mountains (1987), est un récit étonnamment poignant sur le thème de l’éthique médicale interplanétaire. Ses nouvelles ont été publiées dans des magazines tels que Fantasy & Science Fiction, Omni et Twilight Zone, et l’une d’elles, « The Thing Itself », a été reprise dans The Year’s Best Fantasy en 1989. Détenteur d’un style tout à fait original, Blumlein a également écrit le scénario d’un film d’avant-garde, Decodings, qui a reçu le Prix spécial du jury en 1988 au Festival de San Francisco.
Jonathan Carroll (Américain, 1949) a depuis la parution de son premier roman Le Pays du fou rire (1980, J’ai Lu) reçu des témoignages d’admiration d’écrivains aussi divers que Stephen King, Ramsey Campbell et Stanislas Lem. De livre en livre, il s’est taillé un territoire imaginaire où le visionnaire se fond sans peine dans le menaçant. Expatrié à Vienne depuis de nombreuses années, il a néanmoins conservé un ton des plus américains : familier, excentrique, et sophistiqué tout à la fois. Son dernier livre paru en France s’intitule Flammes d’enfer (1988, Albin Michel).

Angela Carter (Britannique, 1940-1992) a déclaré un jour : « Seule la littérature d’horreur est un reflet authentique de l’époque que nous vivons ; seul le fantastique est réaliste. » Parmi ses romans, citons The Magic Toyshop (1976), une histoire de hantise, d’innocence et d’obsession, et l’extraordinaire Des nuits au cirque (1984, Éditions du Seuil). Vampirella, sa pièce écrite pour la radio, a été diffusée en 1976, et elle a coécrit le scénario d’une mémorable relecture du « Petit Chaperon rouge », La Compagnie des loups (1985). The Sadeian Woman and the Ideology of Pornography, un essai philosophique provocateur, a été publié en 1978.

Hugh B. Cave (Britannique naturalisé américain, 1910) s’est établi très jeune dans la région de Boston. Durant sa longue carrière, il a publié plus de douze cents nouvelles. Murgunstrumm and Others (1977), un recueil illustré contenant vingt-six de ses meilleurs récits, a remporté un World Fantasy Award en 1978. Ses longs séjours à Haïti et à la Jamaïque lui ont inspiré The Witching Land (1962) ainsi que Haiti : Highroad to Adventure (1952), que l’on considère encore aujourd’hui comme un ouvrage faisant autorité sur le vaudou. Parmi ses œuvres plus récentes, citons The Lower Deep and Disciples of Dread (tous deux publiés en 1990). Il a fait l’objet en 1988 d’une étude biographique intitulée Pulp Man’s Odyssey : The Hugh B. Cave Story.

Thomas M. Disch (Américain, 1940) est un homme de lettres des plus éclectiques ; il a écrit des poèmes, des pièces de théâtre, des romans de science-fiction, des essais critiques, des chroniques cinématographiques, des pastiches historiques et des livres pour enfants. Brave Petit Grille-Pain (1986, Éditions Flammarion), un classique pour tous les âges a donné naissance à un dessin animé à succès. Parmi ses romans, citons Le Businessman (1984, Éditions Denoël), une splendide comédie noire, et Clara Reeve (1975, sous le pseudonyme de Leonie Hargrave), un pastiche affectueux du roman gothique ; parmi ses recueils de nouvelles, Poussière de lune (1968, Denoël) et Rives de mort (1976, Éditions Henri Veyrier).

Stephen R. Donaldson (Américain, 1947) est surtout connu pour ses deux trilogies d’heroic fantasy, Les Chroniques de Thomas Covenant (1978, J’ai Lu) et Les Secondes Chroniques de Thomas Covenant (1981, 1982, 1983, encore inédites en français), qui décrivent les aventures d’« un des personnages les plus inhabituels de la fantasy moderne ». Thomas Covenant est, en effet, un lépreux qui se retrouve transporté dans un univers mythique, The Land, où il doit affronter le maléfique Lord Foui. Parmi les autres œuvres de Donaldson, citons L’Appel de Mordant (1986, 1987, publié en trois volumes aux Presses de la Cité ) et Le Cycle des Seuils, une série de science-fiction en cours de publication aux Éditions Presses-Pocket.

Ronald Duncan (Britannique, 1914-1982) abordait souvent le thème de la mort dans ses poèmes, tentant d’explorer au moyen de son art les multiples réactions de l’homme devant cet ultime mystère. Cofondateur avec Benjamin Britten de l’English Opera Company, il a écrit trois livrets pour le célèbre compositeur. Son autobiographie, All Men Are Islands, a été publiée en 1963 ; il a traduit en anglais Cocteau et Euripide et a contribué à l’édition des œuvres du Mahatma Gandhi.

Christopher Fowler (Britannique, 1953) est l’auteur de trois recueils de nouvelles sur le thème de la « paranoïa urbaine » : City jitters (1988 ), More City Jitters (1989) et The Bureau of Lost Souls (1990). Dans ce groupe de mésaventures plus ou moins reliées les unes aux autres, la malchance est la chose au monde la mieux partagée. Son premier roman, Roofworld (1988 ), est, ainsi qu’il le dit lui-même, « un thriller horrifique pimenté de fantastique » ; il nous présente de façon convaincante et hallucinante des sectes qui s’affrontent sur les toits du Londres d’aujourd’hui. Son deuxième roman, Le Diable aux trousses (1991), est paru en France aux Presses de la Cité.

Robert Murray Gilchrist (Britannique, 1868-1917) doit sa réputation à ses romans régionalistes consacrés au Derbyshire et au Peak District. Mais son recueil publié en 1894, The Stone Dragon and Other Tragic Romances, accorde une forte importance à l’élément surnaturel, et on y trouve des doppelgangers, des fantômes, des sorcières et des amants spectraux. Journaliste de profession, il a en outre publié avant sa mort un roman intitulé Weird Wedlock.
Robert Hichens (Britannique, 1864-1950) était un journaliste, un poète et un romancier prolifique, dont l’œuvre la plus connue, Le Jardin d’Allah (1904), fut un best-seller des deux côtés de l’Atlantique et donna naissance à un film de Marlène Dietrich. Ses récits fantastiques, écrits pour l’essentiel au début de sa carrière, allaient de la terreur psychologique à la fantaisie historique. Parmi ses romans, citons Fiâmes (1897), Son double (1911, Éditions de France) et La Toque noire (1933, Gallimard), qui inspira Alfred Hitchcock pour Le Procès Paradine ; parmi ses recueils, Longues of Conscience (1900) et Snake-Bite and Other Stories (1919).

Stephen King (Américain, 1947) porte bien son nom, car cela fait presque vingt ans qu’il règne sans partage sur la littérature d’horreur américaine. Qu’il imagine les effets sur des gens et des villes ordinaires d’enfants doués de pouvoirs psychiques (Carrie, 1974, J’ai Lu ou Charlie, 1980, Albin Michel), d’animaux menaçants (Cujo, 1981, ou Simetierre, 1983, Albin Michel) ou de pestilence globale (Le Fléau, 1977 et 1990, J’ai Lu), il se révèle comme un conteur né qui sait aller au-delà des monstres et des démons pour mettre au jour les véritables racines de l’angoisse humaine. En outre, à l’insu de ses nombreux critiques, il apparaît bien souvent comme un maître de la satire de l’american way of life. Après la parution de Ça (1986, Albin Michel), Stephen King s’est imposé définitivement comme le maître du genre et ses romans (Les Tommyknockers, 1987 ; Misery, 1987 ; La Part des ténèbres, 1989, Minuit 2, 1990 ; Minuit 4, 1990 ; tous aux éditions Albin Michel) gagnent un public toujours plus large. Ses derniers romans (Gerald’s game et Dolores Claiborn) paraîtront en 1993. Stephen King a également publié sous le nom de Richard Bachman.

Valérie Martin (Américaine, 1948 ) est entre autres l’auteur d’un extraordinaire roman, Mary Reilly (1990, Éditions Plon), relecture magistrale de ce classique victorien qu’est Docteur Jekyll et Mister Hyde de Robert Louis Stevenson. Le roman de Martin se présente sous la forme du journal d’une femme de chambre où sont consignés son désarroi et son angoisse à mesure que son employeur lutte avec acharnement contre le mal qu’il a mis au monde. Dans son recueil The Consolation of Nature (1988 ) et dans son roman A Recent Martyr (1987), une œuvre des plus perverses, Martin trahit également l’influence d’un autre maître du XIXe siècle, Edgar Allan Poe, en dépit de la retenue austère de son propre style qui ne doit rien à Poe.

Eric McCormack (Écossais, 1938 ) demeure depuis 1966 au Canada où il exerce le métier d’enseignant. Son premier recueil d’histoires extraordinaires, Inspecting the Vaults (1987), l’a fait comparer à Borges, à Saki, à Michael Ende et à Abé Kôbô, et lui a valu d’être finaliste au Commonwealth Literary Prize en 1988. Son premier roman, The Paradise Motel, est paru en 1989.

Patrick McGrath (Britannique, 1950) a attiré l’attention dès la parution de son premier recueil de nouvelles, Blood and Water and Other Tales (1988, à paraître aux Éditions Albin Michel). Les situations répugnantes qu’il décrit contrastent avec son ton de sécheresse ironique : une lady victorienne succombe aux caresses d’une main attachée au crâne de son amant mort ; une secte de buveurs de sang assassine une mère et son enfant ; une créature ancienne et immortelle survit dans un état de putréfaction avancée. Le résultat : un mélange de bandes dessinées et de théâtre classique. Son premier roman, L’Étrange Histoire de sir Hugo et de son valet Fledge (Albin Michel) est paru en 1989 ; son second, The Spider, en 1990.

Haydn Middleton (Britannique, 1955) est un écrivain et universitaire que sa fascination pour la mythologie britannique a conduit à réécrire l’antique cycle héroïque gallois connu dans sa forme écrite sous le titre Le Mabinogion. Son premier roman, Son of Two Worlds (1987), a été suivi par The People in the Picture (1988 ) et The Lie of the Land (1989). Ces deux dernières œuvres, bien que se situant dans l’Angleterre contemporaine, prennent leurs racines dans le lointain passé celtique ; Middleton y crée une atmosphère de tension érotique profondément empreinte d’ambiguïté. Son dernier roman en date, The Collapsing Castle, a été publié en 1991.

T. L. Parkinson (Américain, 1949) a publié plusieurs nouvelles dans la série d’anthologies Shadows, ainsi que dans des magazines et des anthologies comme Fantasy & Science-fiction, Semiotext(e) et Full Spectrum. Son premier roman, The Man Upstairs, qui traite de « narcissisme, d’expériences vaines et de violence sexuelle », a été publié en 1991. Tout comme la plupart des écrivains présentés dans ce livre, Parkinson est difficile à étiqueter, mais la sympathie qu’il a pour ses personnages ne fait qu’accroître l’impact de l’escalade de chocs et de surprises qu’il réserve à ses lecteurs.

Ruth Rendell (Britannique, 1930) nous fascine toujours, qu’elle choisisse d’écrire des histoires policières des plus classiques (Un amour importun, 1965, ou La Fille qui venait de loin, 1981, pour n’en citer que deux, parus aux Éditions du Masque) ou des récits troublants s’attachant à décrire des personnages rendus vulnérables par leur innocence (La Danse de Salomé, 1965, Le Maître de la lande, 1982, La Demoiselle d’honneur, 1990, au Masque et au Livre de Poche). Ces dernières années, elle a reçu les louanges de la critique pour ses romans publiés sous le pseudonyme de Barbara Vine, (le premier, Vera va mourir, 1988, est paru en France aux Éditions Calmann-Lévy sous le nom de Ruth Rendell). Elle y explore la psychologie de ses personnages grâce à sa maîtrise de la technique du flash-back. Qu’ils soient bons ou méchants, ses héros sont souvent victimes des caprices du destin, et la seule issue qui se présente à eux est bien souvent une illusion élaborée par l’auteur.

May Sinclair (Britannique, 1865-1946) est un écrivain sous-estimé, à en croire Everett F. Bleiler, autorité incontestée en matière de fantastique. Mais elle est surtout connue pour ses romans et dont le plus célèbre est Mary Olivet (1919, Nouvelles Éditions Latines), dont l’héroïne est une jeune femme ayant affaire à une famille victorienne des plus répressives. Féministe, disciple de Freud, admiratrice de Shaw, de Wells et de Joyce, May Sinclair s’est souvent essayée à la prose expérimentale. Deux de ses recueils, Uncanny Stories (1923) et The Intercessor and Other Stories (1931), contiennent des récits surprenants et macabres traitant des échecs de l’amour et de la damnation de la chair.

Michèle Slung est entre autres l’auteur de Crime on Her Mind (1975), une anthologie consacrée aux détectives féminins dans l’histoire de la littérature policière ; de The Ahsent-Minded Professor’s Memory Book (1985) ; de The Only Child Book (1989) ; et des best-sellers de la série Momilies® (« Les Maman-dises », Éditions Albin Michel) : Momilies : As My Mother Used to Say (1985) et More Momilies (1986), qui ont été traduits en français, en allemand, en japonais et en italien.
En outre, elle a été directrice de la collection Plume American Women Writers, y rééditant des œuvres depuis longtemps épuisées, puis éditrice et critique pour The Washington Post Book World. Elle a publié des critiques littéraires dans des revues comme The New York Times Book Review et The New Republic, et des essais dans des livres comme Twentieth-Century Crime and Mystery Writers, Whodunit ?, The Sleuth and the Scholar et The Penguin Encyclopedia of Horror and the Supernatural.
Harriet Zinnes (Américaine) est poétesse, traductrice et critique d’art. Parmi ses œuvres les plus récentes, citons une édition bilingue des poèmes de Jacques Prévert, Blood and Feathers (1988 ), et un recueil de nouvelles, Lover (1989). Un critique a souligné les « mystérieuses transformations » présentes dans sa prose, et un autre a perçu dans ses poèmes (I Wanted to See Something Flying, 1966, Entropisms, 1978 ) des « jeux dadaïstes » opérant sur « la confusion de la vie ».