Berezina

Sylvain Tesson

Language: French

Publisher: Éditions Guérin

Published: Dec 31, 2014

Description:

« Un vrai voyage, c’est quoi ?
— Une folie qui nous obsède, dis-je, nous emporte dans le mythe ; une dérive, un délire quoi, traversé d’Histoire, de géographie, irrigué de vodka, une glissade à la Kerouac, un truc qui nous laissera pantelants, le soir, en larmes sur le bord d’un fossé. Dans la fièvre…
— Ah ? fit-il.
— Cette année ce sont les deux cents ans de la Retraite de Russie, dis-je.
— Pas possible ! dit Gras.
— Pourquoi ne pas faire offrande de ces quatre mille kilomètres aux soldats de Napoléon ? »

Sylvain Tesson embarque l’Empereur dans son side-car pour une épopée carnavalesque et réjouissante. Entraîné dans une effraction du temps, le lecteur enjambe les siècles avec jubilation.

Commentaires Amazon : Tesson nous raconte en 200 pages sa retraite de Russie, réalisée en hiver au guidon d'un sidecar russe Oural, accompagné d'une fine équipe d''aides de camp russo-française. L'escouade avale force kilomètres arrosés d'alcools variés, dans la neige, le froid et au milieu des camions. Comme l'aventure est cette fois-ci plutôt modeste Tesson nous fait part de ses réflexions sur l'empereur et de ses commentaires sur les écrits des mémorialistes de la retraite ordalie de la grande armée. L'escouade suit au plus près le trajet de Napoléon et Caulaincourt et termine aux invalides. 
Bien que l'ouvrage soit agréable à lire et recèle de belles pages, notamment certaines réflexions sur notre civilisation moderne consumériste, le livre m'a fait l'effet d'un petit cru. Il faut dire que son objet est relativement mince et que Tesson est moins intéressé par le récit de son voyage, que par le souvenir de l'épopée dramatique de la grande armée. Comme de nombreux ouvrages de toutes sortes ont déjà été écrits sur ce sujet il lui est difficile de faire du neuf ou original. En outre il lui est aussi difficile de présenter cette virée entre copains comme un défi aventuresque significatif. Le résultat est donc plutôt maigre par rapport à ce qu'il nous avait habitué à lire. Cela dit, on retrouve avec plaisir le style tessonnesque, fait de panache, de références littéraires, d'envolées lyriques téméraires et d'avis personnels, parfois à l'emporte pièce.
On attend avec impatience qu'il se remette complètement de son grave accident, pour nous proposer un récit plus digne du président de la guilde européenne du raid d'aventure.
PS. Le passager du sidecar, Cédric Gras , compagnon d'autres virées de Tesson, est aussi un écrivain voyageur. Il vient de publier "l'hiver aux trousses", un livre tout à fait intéressant sur un périple dans l'extrême Orient Russe.