« J’entends la rumeur du passage et des grandes migrations, l’énorme
passade du courant, les voyages, les errances portées par les bras de
mer et les épaules du vent. J’écoute. C’est une partition de roche et de
feuillages, de tissus indiens et de bonbons anglais, une musique d’une
légèreté incroyable, voltige des papillons, forêts et voix superposées.
Il ne me reste plus qu’à les suivre maintenant. Je m’avance sur la route
qui descend en pente douce vers la mer. J’ai griffonné dans mon carnet à
spirale les quelques mots qui figurent sur la tombe de Maxime. Sous son
nom, en italique, une épitaphe crayonnée sous la forme d’une
inscription malgache à même la pierre : Ho velona fa tsy ho levona
C’est une phrase étrange, dont on saura plus tard tout ce qu’elle
signifie. Elle joue sur deux mots qui se font écho et répercutent à
l’infini le miroitement de leurs trois syllabes, velona (vivant) et
levona (anéanti). Tout ce que l’histoire qui va suivre raconte, tout ce
qu’elle dit de la vie tient dans ces quelques syllabes, dans leur
déplacement délicat, dans le déploiement de ce phrasé en langue
étrangère et ce qu’il signifie : Pourvu qu’elle soit vivante et non anéantie. »
Parti sur les traces de son grand-père, acrobate
dans un cirque itinérant de l’océan Indien, Michaël Ferrier découvre et
revisite une partie méconnue de l’Histoire de France : sur fond de
colonisation, le «Projet Madagascar», par lequel les nazis, «rêvant
d’étoiles jaunes sur l’île Rouge», visaient à se débarrasser
physiquement des Juifs d’Europe. Roman d’une plongée dans la mémoire
et dans l’oubli, qui passe par Hitchcock et par Montaigne, par Paris et
par Mahajanga, par Chateaubriand et par le jazz, Mémoires d’outre-mer ouvre à une réflexion sur l’identité française abordée par ses marges et rongée par ses silences.
Description:
« J’entends la rumeur du passage et des grandes migrations, l’énorme passade du courant, les voyages, les errances portées par les bras de mer et les épaules du vent. J’écoute. C’est une partition de roche et de feuillages, de tissus indiens et de bonbons anglais, une musique d’une légèreté incroyable, voltige des papillons, forêts et voix superposées.
Il ne me reste plus qu’à les suivre maintenant. Je m’avance sur la route qui descend en pente douce vers la mer. J’ai griffonné dans mon carnet à spirale les quelques mots qui figurent sur la tombe de Maxime. Sous son nom, en italique, une épitaphe crayonnée sous la forme d’une inscription malgache à même la pierre :
Ho velona fa tsy ho levona
C’est une phrase étrange, dont on saura plus tard tout ce qu’elle signifie. Elle joue sur deux mots qui se font écho et répercutent à l’infini le miroitement de leurs trois syllabes, velona (vivant) et levona (anéanti). Tout ce que l’histoire qui va suivre raconte, tout ce qu’elle dit de la vie tient dans ces quelques syllabes, dans leur déplacement délicat, dans le déploiement de ce phrasé en langue étrangère et ce qu’il signifie :
Pourvu qu’elle soit vivante et non anéantie. »
Parti sur les traces de son grand-père, acrobate dans un cirque itinérant de l’océan Indien, Michaël Ferrier découvre et revisite une partie méconnue de l’Histoire de France : sur fond de colonisation, le «Projet Madagascar», par lequel les nazis, «rêvant d’étoiles jaunes sur l’île Rouge», visaient à se débarrasser physiquement des Juifs d’Europe.
Roman d’une plongée dans la mémoire et dans l’oubli, qui passe par Hitchcock et par Montaigne, par Paris et par Mahajanga, par Chateaubriand et par le jazz, Mémoires d’outre-mer ouvre à une réflexion sur l’identité française abordée par ses marges et rongée par ses silences.