Le Château des Désertes: Roman

George Sand

Language: French

Published: Jan 14, 2017

Description:

Le Château des Désertes est un roman écrit par George Sand paru en 1851...Résumé : Dans un château perdu dans les montagnes, près de Briançon, des professionnels et des amateurs de théâtre répètent un Don Juan issu de la tradition italienne, de Molière et de Mozart. Les rôles sont tenus par différents personnages (Célio, Boccaferri) qui dévoilent de nouvelles possibilités d'interprétation. Cette initiation au théâtre est aussi une initiation à la vie. Le jeune peintre Adorno Salentini est le fils naturel d'un ténor italien et d'une marquise française. Un hiver à Vienne, il s'éprend d'une duchesse italienne. Cette dernière l'invite à assister aux débuts, dans un opéra italien, de Célio Floriani, fils de la célèbre Lucrezia. La duchesse fait de grands éloges sur le jeune chanteur ce qui rend jaloux Adorno. Mais à la fin de la représentation qui a vu la déconfiture de Célio, tout est inversé. Adorno s'est épris de la chanteuse Cécilia Boccaferri, autre interprète de l'opéra, et la duchesse s'est dégoûté de Célio. Adorno a à peine le temps de faire connaissance de Célio, de Cécilia et de son père, un vieil ivrogne que Lucrezia avait coutume de secourir, qu'ils quittent brusquement la ville sans dire où ils vont. Voyant qu'Adorno s'est refroidi à son égard, la duchesse le poursuit de ses assiduités jusqu'à Turin où le jeune peintre parvient à la convaincre de partir l'attendre à Milan.

Biographie : George Sand (1804-1876). Elle compte parmi les écrivains prolifiques avec plus de soixante-dix romans à son actif, cinquante volumes d'oeuvres diverses dont des nouvelles, des contes, des pièces de théâtre et des textes politiques.À l'image de son arrière-grand-mère par alliance qu'elle admire2, Madame Dupin (Louise de Fontaine 1706-1799), George Sand prend la défense des femmes, prône la passion, fustige le mariage et lutte contre les préjugés d'une société conservatrice.

Extrait : ne grosse larme coula sur la joue ardente du beau Célio. Sa sincérité, ce retour enthousiaste vers sa mère, son expansion devant moi, effaçaient le mauvais effet de son attitude sur la scène. Je me sentis attendri, je sentis que je l'aimais. Puis, en voyant de près combien sa beauté était vraie, son accent pénétrant et son regard sympathique, je pardonnai à la duchesse de l'avoir aimé deux jours ; je ne lui pardonnai pas de ne plus l'aimer...Extrait : Je fus élevé comme il plut à Dieu ; l'argent n'y fut pas épargné. La marquiseétait riche, et, pourvu qu'elle n'eût à prendre aucun souci de mesaptitudes et de mes progrès, elle se faisait un devoir de ne me refuser aucunmoyen de développement. Si elle n'eût été en réalité que ma parenteéloignée et ma bienfaitrice, comme elle l'était officiellement, j'aurais étéle plus heureux et le plus reconnaissant des orphelins ; mais les femmesde chambre avaient eu trop de part à ma première éducation pour quej'ignorasse le secret de ma naissance. Dès que je pus sortir de leurs mains,je m'efforçai d'oublier la douleur et l'effroi que leur indiscrétion m'avaitcausés. Ma mère me permit de voir le monde à ses côtés, et je reconnusà la frivolité bienveillante de son caractère, au peu de soin mental qu'elleprenait de son fils légitime, que je n'avais aucun sujet de me plaindre.

Je ne conservai donc point d'amertume contre elle, je n'en eus jamais ledroit mais une sorte de mélancolie, jointe à beaucoup de patience, de toléranceextérieure et de résolution intime, se trouva être au fond de monesprit, de bonne heure et pour toujours.

J'éprouvais parfois un violent désir d'aimer et d'embrasser ma mère...